"Nagasaki" Eric Faye

Publié le par Aurelie

Nagasaki

Eric Faye

Editions Stock, 2010

 

 

Grand Prix du Roman de l'Académie Française 2010

 

 

Et voyez ces serpents d'asphalte mou qui rampent vers le haut des monts...

 

 

nagasaki.jpgShimura-san vit seul dans une confortable maison à Nagasaki. À 56 ans, il n'a pas de femme, peu d'amis et voit rarement sa famille. Peu à peu, il remarque chez lui des déplacements d'objets et de la nourriture qui disparaît du frigo. Décidé à éclaircir le mystère, il finit par investir dans une webcam et surveille sa cuisine depuis son travail.

 

 

Généralement, je ne me laisse pas vraiment influencer par les prix littéraires dans mes lectures, mais j'essaie d'en lire un ou deux dans l'année quand même. Et je fais bien, puisque celui-ci m'a vraiment très agréablement surprise.

 

En lisant la quatrième de couverture, j'étais presque convaincue d'avoir entre les mains de la littérature quasi-fantastique. Cela a été confirmé par les premières pages. Grâce à un style très efficace, l'auteur réussit à décrire l'angoisse de Shimura-san, pauvre japonais qui n'a aucune raison de découvrir des choses suspectes chez lui. La mentalité et la culture japonaise étant ce qu'elles sont, on s'imagine tout de suite des fantômes, un esprit qui hante la maison. Il se trouve que le réaliste sert beaucoup plus l'histoire que toute autre chose.

 

Shimura-san voit sa vie retournée par cette incartade hors de la routine rassurante. Après avoir découvert ce qui se passait chez lui, il n'a pas le soulagement de se défouler sur quelqu'un, de se sentir dans son bon droit. "Je n'arrive plus à me sentir chez moi" dit-il au procès un peu plus tard. Comment en vouloir à la misère du monde qui use du génie de la discrétion pour survivre. C'est quasiment de l'art.

 

Ce roman est basé sur un fait divers. Il sonne juste, il est touchant, et va à l'essentiel. Que de bonnes qualités. Un vrai coup de plume peut transcender une histoire vraie et fondre réalité et littérature. Un excellent moment de lecture dont on aurait tort de se priver!

 

 

Les avis de :

    Romans et lectures

"Un petit roman à ne pas manquer..."

    Liratouva

"Un très beau récit sur la solitude."

    Le Grenier à livres

"Une petite perle à ne pas rater dans la marée de la rentrée."

 

 

Thèmes : Japon / faits divers / rentrée littéraire 2010 / prix littéraire

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Commenter cet article

Ubik 13/04/2011 22:36


Je suis content de pas avoir été le seul, avec l'académie française, à l'avoir aimé celui ci !
Un des premiers de la rentrée septembre 2010 que j'avais lu et qui m'était resté positivement en tête (lu en juillet je crois et j'ai pas retenu tout ce que j'ai lu pour cette rentrée xD).


Aurelie 14/04/2011 09:45



C'est tellement facile d'oublier ce qu'on lit, mais c'est vrai que celui-là était particulièrement frappant. Et puis le décor japonais, la maison, les tatami ça se grave très facilement dans la
mémoire. C'est plein d'images.


Combien de livres j'ai totalement oubliés deux mois après les avoir lus...