"Ce que je sais de Vera Candida" Véronique Ovaldé

Publié le par Aurelie

Attention, coup de coeur! :)


Ce que je sais de Véra Candida

Véronique Ovaldé

Editions de l’Olivier, Paris, 2009.


 

 

Le roman commence par la fin : le personnage principal, Vera Candida, est atteinte d’une grave maladie, et fait le voyage jusqu’à son pays natal pour y mourir. Le narrateur (omniscient) raconte ensuite l’histoire de la grand-mère et de la mère de Vera Candida. Toutes ces femmes semblent être touchées par une malédiction qui les voue à être seules, et maltraitées par la gente masculine. Dans une lutte acharnée, Vera Candida réussit peu à peu à s’extirper de la chaleur moite de Vatapuna et à changer le cours de sa vie.

 

 

 

Une fois de plus, les textes des éditions de l’Olivier ne déçoivent pas, et relèvent d’une grande qualité littéraire et narrative (voir ma précédente critique sur Entre les bruits de Belinda Cannone). C’est en connaissant déjà la fin que l’on commence ce roman : c’est un procédé fort récurrent, qui tend à montrer comment la boucle se boucle et surtout qui déplace l’intérêt du lecteur. La fin est importante, certes, mais le cheminement pour y arriver l’est encore plus.

 

     Avec un style qui peut paraître assez distant, Véronique Ovaldé tire le portrait de ses héroïnes, ses « amazones » comme elle les appelle. « Rose Bustamente, la grand-mère maternelle de Vera Candida, avant de devenir la meilleure pêcheuse de poissons volants de ce bout de mer, avait été la plus jolie pute de Vatapuna. » Description frappante mais tout à fait adaptée à la personnalité de Rose…Ce style n’est donc distant qu’en apparence, car mêlé à cette certaine dose d’humour qui permet au lecteur d’apprécier l’intrigue malgré les nombreux événements atroces qui s’y déroulent.

 

     Ces personnages hauts en couleurs prennent part à une narration digne d’un conte, comme de nombreuses critiques l’ont souligné (même si ce détail était déjà précisé sur la quatrième de couverture…). Un lieu imaginaire, un destin qui s’acharne sur ses victimes, l’exploration des facettes les plus noires de l’homme… le loup rôde pour manger la gamine. Mais peut-elle y échapper, même si elle le veut ? Sans doute. Car même si le dénouement n’est pas heureux, l’espoir est là, indéniablement.

 

Un coup de cœur à tous les points de vue. C’est un roman qui résonne, qui laisse une marque, qui donne à méditer, et qu’on a envie de faire partager. Tout y est !

 

Les avis enthousiastes de Liratouva, Cathulu et Cunéipage.

 

***

 

On lui aurait annoncé qu’il ne pourrait jamais coucher avec Vera Candida, mais qu’il aurait le droit de rester avec elle sa vie durant, Itxaga aurait signé immédiatement. Il se rendit compte que ce qu’il voulait faire le plus intensément du monde c’était lui rendre service. Il se dit, Je vieillis. Merde.

P196

 


 

Thèmes : conte / condition féminine / littérature française

Publié dans Palpitations du coeur

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sosjo 10/12/2009 11:22


...et à ceux qui ont aimé le style de « Vera Candida » et surtout le personnage de Rose Bustamente, je conseille de voir un film néerlandais « Antonia’s Line » (« Antonia et ses filles » en fr.)


Mango 22/10/2009 16:22


Je viens aussi de finir ce livre et je l'ai également beaucoup aimé! J'avais lu tant de bonnes critiques à son sujet que j'avais peur d'être déçue, mais non, c'est un livre très réussi!


Aurelie 22/10/2009 17:39


C'est vrai qu'il a eu beaucoup de critiques laudatives... et je me méfiais du fait de ne pas en lire de négatives. Il est encore dans la liste du Goncourt, d'ailleurs!