"Remember" Benjamin

Publié le par Aurelie

Remember
Benjamin
Editions Xiao Pan, 2004.



Ce volume contient deux nouvelles en bande-dessinée : Personne n'est capable de voler, personne n'est capable de se souvenir, et L'été de cette année-là, ainsi que des illustrations en couleur. Dans la première nouvelle, un dessinateur de BD rencontre une jeune fille qui tente de lui faire partager sa vision de la création et du rêve. Dans la seconde, un jeune homme de la campagne chinoise entreprend des études aux Beaux-Arts à Pékin, et se heurte au mépris et à la violence de ses camarades de dortoir.


    Il n'y a pas de résumé qui puisse rendre fidèlement le récit que Benjamin partage avec nous. J'ai été très surprise par ce dessin que je n'ai vu nulle part ailleurs, un style très personnel, et je me suis lancée dans ce volume...  que j'ai dévoré.
    Ces deux nouvelles sont partiellement autobiographiques, on le devine assez vite. Il est question du métier de dessinateur de BD, de son apprentissage, de la lutte pour être publié, pour être compris. Les personnages masculins principaux, en plus d'avoir des proximités physiques avec leur créateur, ont aussi des points commun au niveau de leur vécu, notamment leurs origines modestes.
    Benjamin, de son vrai nom Zhang Lin, est un jeune auteur chinois de bande-dessinée (manhua) de 34 ans. Il a fait des études d'art à Pékin, et s'est lancé dans la BD avec quelques réticences du côté des éditeurs. Il se caractérise par le fait qu'il utilise uniquement la tablette graphique pour concevoir ses planches.
    Je me suis plongée dans cette BD en faisant un certain effort. L'auteur choisit de laisser beaucoup de zones floues dans ses planches, ce qui demande une implication de la part du lecteur. Mais ce n'est que l'affaire de quelques pages, le temps de s'habituer. Passé ce temps, on s'installe dans cette ambiance aqueuse, représentative de la nouvelle Personne n'est capable de voler, personne n'est capable de se souvenir. Les couleurs dominantes sont le bleu, le vert, et leurs dégradés... Ces grands traits verticaux qui donnent l'impression qu'il ne cesse de pleuvoir dans la ville, cette alternance de flous, et de précision notamment dans le dessin des visages... Dans la seconde nouvelle, on reste à peu près dans les mêmes tons, mais plus sombres. Les planches sont bordées de noir, le trait est plus saccadé.
    Tout en gardant un style entièrement personnel, voire novateur (je dis ça mais je n'y connais rien), Benjamin réussit à produire des variantes qui véhiculent des sentiments très forts. La mélancolie, la tristesse et la solitude d'un côté, et la violence, la folie et l'incompréhension de l'autre.

    Cela paraît bien simple d'énumérer toutes ces émotions en disant que le monsieur il les a bien dessinées. Mais ce n'est pas aussi facile finalement d'exprimer tout ce qu'on ressent en lisant cette BD. Elle est l'expression de la sincérité, et dépeint des personnages fictifs mais entièrement crédibles et vrais. D'un autre côté, j'ai ressenti également qu'elle était la représentation d'une certaine culture, et d'une génération qui ne s'y sent peut-être pas entièrement à l'aise. Je ne sais pas si je devrais faire une généralité de cette affirmation, mais c'est le cas pour l'auteur au moins.
    Enfin, pour terminer, quelques mots sur la série d'illustrations, qui sont accompagnées de remarques de l'illustrateur. Elles montrent encore comme Benjamin maîtrise son outil et son dessin. Si l'on a bien su cerner les deux nouvelles précédentes, on saura reconnaître quelles sont les illustrations qu'il aime le moins (c'était mon cas, et j'en étais même un peu surprise). C'est normal, c'est un trait à fleur de peau, l'illustrateur s'y implique entièrement, et s'il a fait un dessin à contre-coeur, on le ressent de suite.
    Je ne peux donc que vous conseiller ce manhua, ainsi que les autres titres du même auteur, que je vais m'empresser de lire.
Vous pouvez allez voir le blog de Panda, qui est une traduction anglaise du blog de Benjamin (out en chinois). Artmony aime aussi beaucoup Benjamin, et une critique bordélique sur Yozone.


Thèmes : mélancolie / violence / Chine / manhua / digital art

Publié dans BD

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Ubik 15/04/2011 23:08


Mouai..il est souvent brouillon alors :p


Ubik 14/04/2011 14:41


Mais euh je frime pas c était juste pour prouver que j aime bien ce qu il fait, pour frimer j aurais préciser que j ai une repro encadrée A3 d' une de ses illu signé et limitée :D. Bref :p. Je ne
trouve pas par contre que le dessin suffise a rattraper le tout. Parfois son dessin fait très brouillon dans ses histoires, on a parfois une impression de pas fini ou bâclé alors que son artbook
est par contre sublime! Faudrait que je jette un coup d' œil au dernier.


Aurelie 15/04/2011 14:48



Ca peut donner un style de faire brouillon, c'est sans doute voulu. Peut-être qu'au moment où il a dessiné ça, il se sentait lui-même un peu brouillon...



Ubik 13/04/2011 22:06


J'adore ce que fais Benjamin (je dois avoir 3/4 albums signés de lui :p) mais son problème, commun à pas mal d'auteurs chinois (on sais pourquoi) c'est au niveau du scénario ! C'est fort dommage et
j'espère que ça va s'améliorer avec le temps ^^


Aurelie 14/04/2011 09:43



Tssssss, te sert pas de mon blog pour frimer sur tes dédicaces!!


Le scénario passe avec le dessin, mais au bout de plusieurs albums, c'est vrai que...



faelys 14/02/2009 18:27

j'ai pensé à toi pour un TAG! voir là:
http://petitesmadeleines.hautetfort.com/archive/2009/02/14/tag-pal.html

Aurelie 16/02/2009 19:43


Ahaha! Prendre ma PAL en photo, ça va être dur... Ils sont éparpillés partout les livres...Je vais essayer de faire une mise en scène sympa...


faelys 11/02/2009 14:36

ton billet est vraiment très intéressant! moi qui suis dans une vague manga en ce moment je suis ravie de découvrir de nouveaux titres!

Aurelie 11/02/2009 18:46


Merci! Je pense pas que ce soit représentatif du manga, mais c'est un très bon moment de lecture malgré tout :D Si tu le lis, tu me diras ce que tu en as pensé!