
A Manhattan, Isaac le Pur doit rétablir l'ordre dans une ville menacée par le Gang de
sucettes, qui s'attaque à sa famille, et plus particulièrement à sa fille Marilyn. Cette dernière est une jeune femme rebelle, qui exècre son père et tient à tout prix à se libérer de sa
protection trop oppressante.
C'est Angoulême, alors lisons, lisons de la BD...
Marilyn la dingue est adaptée d'un roman noir de Jerome Charyn paru en 1974. Je tiens à préciser que je ne l'ai pas lu, mais cela m'aurait peut-être aidé à comprendre le
scénario très fragmentaire de la BD. C'est l'auteur qui s'est occupé d'adapter sa BD, illustrée par Frédéric Rébéna, que l'on connaît pour son travail en jeunesse.
Le scénario est en effet assez déroutant. Le lecteur doit démêler une série d'événements, de personnages énigmatiques dont on ne sait pas grand chose, et d'un dénouement assez
succint. Tout à l'air de se dérouler en sous-entendus, procédé assez frustrant dans la mesure où, en refermant la BD, j'ai eu l'impression qu'il ne s'était rien passé ou bien que je n'avais rien
compris... Mais je réitère ma remarque, je n'ai pas lu le roman et suis donc incapable de dire si le style de la BD veut se rapprocher du style littéraire. Cependant, si c'est le cas, et que l'on
soit plus ou moins obligé de lire le roman en plus de la BD, je trouverais ça assez dommage. La BD devrait pouvoir être indépendante du roman. Enfin, je note que le titre en français est
réellement mal traduit.
Marilyn la dingue pour
Marilyn the wild? Je n'ai pas compris cette appellation de "la dingue" alors que "la sauvage" s'expliquerait plus facilement.
Maintenant, venons-en au point positif : le graphisme.
C'est apparemment à un nouveau registre auquel l'illustrateur s'exerce. Cependant, son trait convient parfaitement à l'intrigue et au ton de l'histoire : un trait gras,
menaçant, où s'exprime tout le désespoir des personnages, leurs blessures profondes. Il convient bien également à cette ville étouffante et obscure, qui ne sait qu'enfanter la violence et le
sang, digne d'une Gotham City batmanienne. L'usage des couleurs n'est pas laissé au hasard. On observe la coloration verdâtre du teint des passants, ou de certains personnages en proie à
l'angoisse la plus sourde. Une armée de zombie en somme. Au milieu de tout cela, le couple Marilyn-Coen essaie de dessiner un peu d'espoir aux teintes lancinantes de bleu-gris.
Rébéna réussit donc très bien à fixer graphiquement cette ambiance de roman noir. Peut-être peut-on se permettre de supposer qu'il est plus simple de passer du registre
jeunesse au registre adulte, que de passer du roman à la BD?
Pour un avis complémentaire, passez sur le site
Bodoï.