"L'Hôtel étrange" Philip Reeve

Publié le par Aurelie

Attention, coup de coeur!


L'Hôtel étrange

Philip Reeve
David Wyatt (illustrations)
Trad. Jean Esch
Ed. Gallimard Jeunesse, coll."Hors série littérature", Paris, 2008.



Le clan Mumby est une respectable famille britannique du XIXe siècle composé de Mr et Mrs Mumby et de leurs deux enfants : Art et Myrtle. Cette famille a le don de s'attirer des ennuis. Mrs Mumby et ses deux enfants partent en vacances sur la planète Starcross, cordialement invités par Mr Tifter. Mais cette invitation n'est pas innocente. Très vite, ils découvrent les secrets de l'hôtel et doivent échapper à une mystérieuse race extraterrestre nommée les Moobs. Dans ces nouvelles aventures, Art et Myrtle retrouvent leurs amis pirates de l'espace, l'équipage du Sophronia.


    Ceci est le second tome des aventures de la famille Mumby - le premier tome étant Planète Larklight - mais je vous rassure, si vous n'avez pas lu le premier tome (comme moi), toute l'histoire se comprend très bien. Après quelques pages où le lecteur rame un peu pour admettre qu'on peu voyager à travers l'espace (et le temps...) dans des trains à vapeur au XIXe siècle, tout se lit très bien! Bien sûr, ce décor ne dépaysera pas les amateurs de steampunk, voire les réjouira.
    Voilà encore un roman mené d'une main de maître par Philip Reeve, dont j'avais précédemment fait les louanges pour Arthur, l'autre légende. Ici, il nous entraîne à travers l'espace. C'est avec joie que j'ai rencontré les enfants Mumby : Myrtle, agaçante, ladylike et attachante et Art, ingénieux, débrouillard et aventurier. J'ai aussi rencontré des personnages plus hétéroclites les uns que les autres, dont le professeur Fougère, une plante intelligente, un surdoué en chimie. Cependant, je vous préviens de ne pas être trop chauvins, car Miss Beauregard est la représentante de notre cher pays : elle est belliqueuse, séduisante et insupportable. Sa seule ambition est de détruire l'Empire Britannique!
    Pendant 400 pages, Philip Reeve ne nous laisse pas reprendre notre souffle. Dans cet univers (au sens propre et figuré) fourmillant de détails, il place une intrigue qui se construit, se complique, se duplique, et puis se dénoue de manière parfaitement maîtrisée. Reeve jongle avec les narrateurs Art et Myrtle, et exploite ce qui est le plus intéressant dans ce numéro d'équilibriste des mots : inventer un style qui colle à un personnage. Quelque soit le narrateur, le style garde une grande rigueur indispensable aux descriptions, distrayant et humoristique. L'ensemble tient le lecteur en haleine, à l'aide d'un soupçon de suspense, de quelques frissons et enfin, d'un dénouement heureux.
    De son côté, David Wyatt ponctue le roman d'illustrations en noir et blanc, au trait fin, qui m'évoquent beaucoup celles de Chris Riddell. Elles aident beaucoup le lecteur - car malgré tout l'art de Mr Philip Reeve, certaines créatures ou machines sont parfois difficile à visualiser - et l'installent bien confortablement dans cet univers science-fictionnel ET dix-neuvièmiste. La comparaison avec Jules Verne est amplement méritée. On en redemande, et ça tombe bien car il y aura un troisième tome!
    Moob!

*** *** ***

(Myrtle) Le sol se souleva et une sorte de trappe munie de crocs s'ouvrit. De fines dents blanches et des filets de bave luisaient dans la pénombre ; il s'échappait de cette bouche une épouvantable odeur de pourriture, qui n'était pas sans rappeler la puanteur qui assaille toute personne assez téméraire pour ouvrir le tiroir à chaussettes d'Art.
P149



Thèmes : science-fiction / steampunk / littérature britannique

Publié dans Palpitations du coeur

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loula 26/02/2009 17:28

Tout pareil...

Aurelie 27/02/2009 09:45


^^
Déjà lu du Philip Reeve?