"Un coeur brisé" Jacqueline Wilson

Publié le par Aurelie

Un coeur brisé
Jacqueline Wilson
Trad. Anne Krief
Editions Gallimard Jeunesse, coll."Folio Junior", Paris, 2008.



Prudence a 14 ans. Elevée par un père très strict et quelque peu réac', elle n'est jamais allée à l'école et n'a jamais l'occasion ni le droit de sortir de chez elle. Après une attaque cardiaque, son père doit faire un séjour forcé à l'hôpital pour une rééducation intensive. Sa mère décide de l'envoyer elle et sa petite soeur Grace au collège le plus proche. Alors que Grace s'intègre vite, Prudence a plus de mal. Son talent en arts plastiques la rapproche un peu trop de son professeur, M. Raxberry, dont elle tombe amoureuse.


    C'est après une polémique outrée de mes collègues mères de famille que j'ai décidé de lire ce livre. Apparemment, c'est très apprécié chez les jeunes filles, également, alors il était temps que je me fasse une opinion.
    Je dois avouer que c'est avec plaisir que l'on plonge dans un paysage  très britannique qui me tient toujours à coeur. Prudence est enfermée dans cette famille qui pense encore comme à l'époque victorienne, et qui, de plus, n'a pas un sou vaillant. Elle flotte dans un univers très littéraire et artistique (son père étant libraire), ce qui permet à Jacqueline Wilson de passer en revue les classiques anglais très appréciés en ce qui concerne les histoires d'amour : Les Hauts de Hurle-Vents, Jane Eyre entre autres sont les favoris de Prudence.
    Cela dit, je vois plutôt ce roman comme une sorte de rite de passage. Comment une enfant de 14 ans se sort-elle d'un univers imaginaire extrêmement prononcé pour affronter le monde de l'extérieur, très rude et bien différent des livres des soeurs Brontë? Elle s'attache à la seule personne sympathique qui se présente à elle : son professeur. Certes, il est marié et a deux enfants, mais rien n'est impossible, hein Prudence? (Haha) Finalement, notre héroïne doit voir la vérité en face : la vie n'est pas toujours un roman. Elle doit mettre de côté son amourette (et son égoïsme éhonté!) pour le bien de tous. Elle est différente, mais il faut surmonter cela pour s'intégrer malgré tout.
    Le style est simple, et même si les personnages peuvent être parfois absolument insupportables, c'est une lecture mignonnette. Quant à l'histoire d'amour, relaxez-vous, ce n'est que quelques bisous, comme a dit une de mes collègues "ils se pourlèchent un peu la pomme!" Mais le personnage du professeur est assez éloigné de la réalité... Aucun danger pour vos petites filles donc :D


Thèmes : adolescence / amour interdit (ouh) / littérature anglaise

Publié dans Romans Jeunesse

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Maeva 12/03/2010 14:52


J'ai aimé ce livre [ personnellement ] C'est histoire d'adolescent peut banal [ même si j'en ai que 12 ]Et on arrive a ce mettre dans la peau de Prudence car il y a beaucoup de détail ! Je l'ai
tout simplement A-D-O-R-E-R


Aurelie 14/03/2010 10:31


C'est vrai que c'est facile de s'identifier ^.^
Et puis c'est assez bien écrit!


Gaëllou 09/04/2009 11:49

Le débat remonte à quelques mois mais : que vont alors penser ces mêmes mères de famille de "Jeu de mains" d'Adeline Yzak ?!

Aurelie 10/04/2009 09:10


Je n'ose même pas imaginer...


anne 15/01/2009 15:18

"où y'a du sang y'a du sexe" : j'adore le slogan !
:-D
rien à voir (mais j'ai pas de mail je crois) : merci pour les conseils au sujet de Deezer ! c'est désormais chose faite !

Aurelie 16/01/2009 10:11


De rien! Même si c'est fortement sponsorisé, c'est un outil fort pratique.
Bon, j'ai fini "L'amour en chaussettes", je vais poster dessus.


anne 13/01/2009 20:14

Hou la la ! mais si vous saviez aussi ce qu'on entend en tant qu'auteur ! sur le choix des mots, par exemple.. et le scènes sexe.. en avoir ou pas... C'est un vaste débat (j'en ai parlé ailleurs après avoir qques critiques prudes sur mon 1er livre chez T.Magnier, Point de Côté). On peut comprendre certaines précautions ou péventions, mais sans hypocrisie non plus... Car il faut quand même savoir que ce que bien des lecteurs et lectrices cherchent, quelque soit leur âge, c'est une belle histoire d'amour (avec sexe si affinités). Qu'on ne m'oppose pas le succès des histoires fantastiques, car je tiens que le vampirisme est un dérivatif (Anne Rice expliquait ça très bien dans les Chroniques des vampires)

Aurelie 14/01/2009 19:53


C'est fou, ça, quand même! On peut accepter dans des livres des scènes de violence ou d'angoisse insupportable, mais pas de sexe. Ma foi... nous ne pouvons nier que cela fait partie intégrante de
la vie sinon des "préoccupations" des jeunes et des moins jeunes. Quand je vois des gamins de CM2 qui connaissent les Experts, je me dis qu'une scène de sexe doit à peine leur arracher quelques
gloussements.
Quant au vampirisme, c'est tout à fait vrai!! De toutes façons, on le sait par les contes (Belle aux bois dormant) et autres légendes (les gouttes de sang dans la neige admirées par Perceval), où
y'a du sang, y'a du sexe - ça fait un peu gore comme slogan mais bon...
En passant, j'ai emprunté "L'amour en chaussettes" aujourd'hui, et il a l'air très bien! Mais je finis mon autre livre avant de le commencer...


anne 13/01/2009 18:04

Je ne connais ni ce livre ni l'auteur, mais je trouve votre critique très bien pour sa fin : "aucun danger pour vos petites filles". Dans le CDI de mon établissement il y a un livre que des mères de familles ont fait interdire de prêt, c'est L'Amour en chaussettes. Depuis, les filles en sont réduites à regarder des séquences porno sur youtube pour savoir "comment ça se fait". Voilà le genre de "progrès" qu'amène la censure anti-livres. Et vive les bibliothécaires et les documentalistes qui savent aller au-delà et tenir tête ;-)
(et y'en a qui croient que j'ai cherché à leur nuire dans un certain livre !)

Aurelie 13/01/2009 19:52


A la médiathèque, on a pas mal de livres de cet auteur, mais c'était la première fois que j'en lisais. Je soutiens qu'il n'y a aucun risques parce que c'est vraiment édulcoré! C'est un fantasme de
petite fille, et y'a pas de zizi, donc voilà...
Je n'arrive pas à croire qu'on ait censuré un Gudule! Son écriture peut être parfoite choquante, mais d'après ce que j'ai lu du résumé (je vais en profiter pour lire le bouquin, hein, tant qu'on y
est!), c'est plutôt bien joué puisque la gamine ne finit pas avec son prof. Ce genre de choses, ce n'est possible qu'à partir de la première année de fac, les filles!!
Et pour finir, je dirais que de toutes manières, les romans ado où y'a du sexe, ça pullule, alors si faut censurer, on est mal partis.