"L'âge d'ange" Anne Percin

Publié le par Aurelie

L'âge d'ange
Anne Percin
Ecole des Loisirs, Paris, coll. "Médium", 2008

La narratrice, une jeune lycéenne, est un rat de bibliothèque qui ne vit que par les livres, et plus précisément la mythologie grecque. Le jeune Tadeusz, issu d'un milieu défavorisé, emprunte son livre favori à la bibliothèque du lycée. L'univers fermé de la narratrice s'ouvre alors par l'intermédiaire de ce livre qu'ils sont les deux seuls à lire. Lorsque des émeutes bouleversent l'actualité, c'est à travers le filtre de l'Antiquité qu'ils peuvent voir et méditer ces événements ensemble, jusqu'à ce qu'ils doivent les vivre. La narratrice nous présente une tranche de vie fondatrice pour son actuelle vie d'adulte.

Anne Percin reprend ce bon vieux fatum, pour nous dérouler doucement l'action que l'on saura inévitablement tragique. Même si je dois humblement avouer avoir eu du mal à entrer à proprement parler dans ce roman, je ne peux pas nier la profondeur et l'intensité du sujet aussi bien que de l'écriture. Contrairement à d'autres romans pour adolescents qui pourraient nous laisser complètement déprimés à la fin de la lecture, la narratrice place cet événement majeur au centre d'une philosophie de la vie qui la pousse à avancer malgré l'adversité. Dur, mais finalement...

Thèmes : partage / solidarité / amour-amitié / deuil

Et pour le plaisir (des clichés sur les bibliothécaires!)... quelques extraits.

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La bibliothèque du lycée.
C'était mon sanctuaire. [...]
J'y allais avant la pause de midi.
A cette heure festive, la bibliothèque était encore ouverte, mais dormait d'un oeil. Tout comme la gardienne du temple, une femme entre deux âges. Avachie devant son ordinateur, elle ne faisait pas attention à mes allées et venues incessantes devant le rayon Antiquité.

(P21)

Il arriva un jour que le livre disparut.
Je crus d'abord à une erreur de rangement. Je cherchai fièvreusement, dans toutes les allées, puis j'allais trouver la bibliothécaire qui ronflait presque, les yeux dans le vide, fixant un point au-delà de l'écran de son ordinateur. Une tâche au mur, une mouche peut-être. Elle me prit de haut. Non, il n'y avait pas d'erreur de rangement. Non, il n'avait pas été volé, caché sous un manteau. Ce genre de mésaventure n'arrivait plus, se félicitait-elle, depuis l'installation du nouveau système électronique... Il avait tout bonnement été emprunté. Pour quinze jours, réglementairement.

(P23)

La naïveté... C'est ce qu'on invoque, quand on a peur d'être généreux.

(P66)

Publié dans Romans ado

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anne 18/05/2009 08:58

Le "sûrement autobiographique" de Cécile me fait crever de rire. Non, non, les auteurs ont un truc qui s'appelle l'imagination, et qui leur permet de se mettre dans la peau de gens qu'ils ne sont pas... enfin bref. Autobio, non, donc. "Survol", oui. Ce n'est en rien une éude exhaustive des causes et des conséquences des émeutes de banlieue : je ne suis pas journaliste. J'avais la prétention d'aspirer à une vue à la fois beaucoup plus générale et plus singulière. Quant à "la vision des bibliothécaires", alors là, ça me gave. Si on ne comprned pas le rôle que joue la bibliothécaire dans L'Age d'ange, on passe vraiment à côté d'un truc, tout ça à cause de préjugés débiles du genre "elle dit que la doc° ronfle dans son CDI = elle n'aime pas donc pas les doc°"... laisse tomber.
C'est marrant quand même, tous ces malentendus, parfois l'auteur se demande si ce n'est pas tout bonnement le signe qu'il a raté quelque chose...

Aurelie 18/05/2009 12:56


La bibliothécaire est une passeuse, c'est ce à quoi l'on inspire dans notre métier en général, et là c'est un rôle d'importance au niveau de l'intrigue. D'autre part, c'est vrai que les événements
évoqués m'ont parfois un peu fait penser aux émeutes, mais pour moi, ce n'était qu'un moyen d'explorer la relation amicale entre les deux enfants, et les complications liées à leurs différences
sociales.
Bref, faut pas s'énerver, hein :D  Les bibliothécaires, de toutes manières, tout le monde sait qu'on joue au démineur sur les pc et qu'on fait semblant de lire hahaha!

Aurélie - qui essaie de calmer les foules avec une blague naze


cécile 19/12/2008 20:11

oh!

Aurelie 19/12/2008 21:33


Hinhinhinhinhin


cécile 19/12/2008 14:20

un livre qui aborde bcq de sujets...mais survole les événements politiques qui s'y déroulent. surement autobiographique mais qui manque de fonds selon moi.
ça change malgré tout de la littérature ado habituel.
puis...j'espère que l'image du bibliothécaire va évoluer parce qu'on est mal barré!

Aurelie 19/12/2008 20:05


Allez, je suis sûre que ça t'est arrivé au moins une fois de ronfler derrière ton ordinateur... Un lendemain de cuite par exemple? :D


AP 11/12/2008 00:29

ha la la ! je sais que mon portrait de "la doc "peut donner l'impression de reprendre des poncifs, mais justement, la bibliothécaire est pour moi un personnage central du roman, elle esi le pont entre deux rives. Et puis, elle s'ouvre elle aussi, à la fin, elle a traversé l'orage comme les deux héros et laisse voir, dans la scène finale, une sensibilité que son métier lui avait fait, peut-être, mettre de côté. Parce que (sur)vivre en milieu scolaire pendant des années peut amener à se blinder beaucoup... j'en sais quelque chose :-) Merci pour votre lecture.

Aurelie 13/12/2008 16:54


Ahbababa... Je pensais pas que j'aurais un commentaire de l'auteur en personne! (Mince, je vais faire attention à ce que je dis, maintenant !...)
Pour en revenir à la documentaliste, c'est vrai qu'elle se révèle être quelqu'un d'attachant finalement. Quand j'étais au lycée, j'avais une documentaliste sympa, quand on savait l'apprivoiser. Du
moment qu'elle voyait qu'on s'intéressait aux livres, et que sa conversation avec nous allait plus loin que "Chhhhhhht!", c'était une femme délicieuse! Héhé.
Bon, je vais lire vos autres livres... Merci beaucoup pour votre commentaire, c'est la dernière chose à laquelle je m'attendais!

Aurélie - diablement agréablement surprise


Aurelie 08/12/2008 14:58

Allez, les documentalistes de collèges et lycée sont pas toujours très liantes... Elles ont tellement l'habitude de se méfier des gamins. En tout cas, moi, je n'en garde pas un souvenir très positif.