[XXe] "Le Mirage" Thomas Mann

Publié le par Aurelie

Le Mirage Thomas Mann

Peu importe, tes railleries ne détruiront pas mes tendres rapports avec elle, la bonne nature -- encore moins maintenant où elle est sur le point de susciter ma saison -- je l'appelle mienne, parce que la saison de notre naissance nous tient particulièrement de près, et nous à elle. Toi, tu es une fille de l'Avent et tu peux dire que tu es vraiment née sous un signe heureux -- déjà presque celui de la belle fête de la Nativité. Tu dois te sentir sympathiquement attirée par cette période, de gel il est vrai, mais pourtant si joyeusement réchauffée. Car en vérité, selon mon expérience, des correspondances sympathiques nous relient à la saison qui nous a fait naître. Son retour a quelque chose d'une confirmation et d'un raffermissement pour notre vie, quelque chose d'un regain, comme le printemps pour moi, non parce qu'il est le printemps ou le renouveau, ainsi qu'il est dit dans les poèmes, une saison universellement aimée, mais parce que je lui appartiens et j'ai l'impression qu'il m'adresse un sourire personnel. [...]



Non seulement tous les organes du bassin étaient déjà en pleine dégénérescence, mais le péritoine, aussi, présentait, même à l'oeil nu, la meurtrière agglomération de cellules, toutes les glandes du système lymphatique étaient épaissies par le carcinome. De toute évidence, le foie recelait également des foyers de cellules cancéreuses.
-- Eh bien! vous constatez l'étendue des dégâts, Knepperges, dit Mutthesius. Ils dépassent probablement votre attente. On en demande trop à notre noble art.

Publié dans Anthologie personnelle

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article