Lundi 2 novembre 2009

Délectations moroses

Frédéric Schiffter

Le Dilettante, 2009.

 

 

L’auteur offre dans cet ouvrage une suite d’aphorismes mêlant cynisme et humour noir sur la littérature, les relations sociales, la vie et la mort…

 

 

« Je viens de terminer ce livre, il est vraiment bien. Quelqu’un le veut ? » lance un jour un de mes professeurs. Je prends la balle au bond et me retrouve avec ce mince ouvrage au titre assez négatif pour me plaire.

 

Première expérience de lecture pour moi chez le Dilettante, et première rencontre littéraire, si je puis dire, avec Frédéric Schiffter. Il a vraiment bien choisi sa maison d’édition pour un tel ouvrage. L’auteur distille quelques aphorisme bien placés, tranchants comme des lames de rasoir. Et tout le monde y passe : amis, ennemis, famille, gent féminine, milieu littéraire,… et lui-même en premier lieu. Tout cela dans le plus parfait nihilisme et avec un pessimisme avancé. Mais je me permets de n’écrire qu’un article très court, pour laisser plus de place aux citations qui parleront d’elles-mêmes.

 

Un article sur le site Skulking (très intéressant au passage).


Thème : humour noir / littérature / philosophie de la vie

 

***

 

Pour se soulager d’une rage éprouvée contre un ennemi, Cioran recommandait de noircir des pages en répétant la phrase : « Untel est un salaud et je le crèverai ! » – conseil que j’ai suivi pendant des années. Comme je ne jette aucun papier, ma chambre, à présent, est encombrée de pyramides de cahiers remplis d’injures et de projets de meurtres.

P.26

 

En philosophie comme en littérature, au bavardage pompeux des optimistes l’homme de goût préfère le radotage stylé des pessimistes.

P.34

 

Les éconduits de la presse écrite, les recalés de l’édition et autres ajournés des comités de lecture se revanchent dans des « blogs » avec une telle impuissance stylistique qu’ils révèlent, par là, la raison de leur échec littéraire.

P.84

 

Pour se divertir à la moindre occasion de la réalité sociale où il faut se compromettre, emporter partout un livre – un arrière-monde de poche.

P.85

 

Aujourd’hui, vacuité neurologique. Des heures à attendre des pensées… Pas une ! Aucune aigreur à mettre en formule ! Aucune récrimination à styliser. L’ataraxie, un état contre-indiqué pour les plumes sardoniques.

P.92

Par Aurelie - Publié dans : Romans Adulte
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Jeudi 22 octobre 2009

Attention, coup de coeur! :)


Ce que je sais de Véra Candida

Véronique Ovaldé

Editions de l’Olivier, Paris, 2009.


 

 

Le roman commence par la fin : le personnage principal, Vera Candida, est atteinte d’une grave maladie, et fait le voyage jusqu’à son pays natal pour y mourir. Le narrateur (omniscient) raconte ensuite l’histoire de la grand-mère et de la mère de Vera Candida. Toutes ces femmes semblent être touchées par une malédiction qui les voue à être seules, et maltraitées par la gente masculine. Dans une lutte acharnée, Vera Candida réussit peu à peu à s’extirper de la chaleur moite de Vatapuna et à changer le cours de sa vie.

 

 

 

Une fois de plus, les textes des éditions de l’Olivier ne déçoivent pas, et relèvent d’une grande qualité littéraire et narrative (voir ma précédente critique sur Entre les bruits de Belinda Cannone). C’est en connaissant déjà la fin que l’on commence ce roman : c’est un procédé fort récurrent, qui tend à montrer comment la boucle se boucle et surtout qui déplace l’intérêt du lecteur. La fin est importante, certes, mais le cheminement pour y arriver l’est encore plus.

 

     Avec un style qui peut paraître assez distant, Véronique Ovaldé tire le portrait de ses héroïnes, ses « amazones » comme elle les appelle. « Rose Bustamente, la grand-mère maternelle de Vera Candida, avant de devenir la meilleure pêcheuse de poissons volants de ce bout de mer, avait été la plus jolie pute de Vatapuna. » Description frappante mais tout à fait adaptée à la personnalité de Rose…Ce style n’est donc distant qu’en apparence, car mêlé à cette certaine dose d’humour qui permet au lecteur d’apprécier l’intrigue malgré les nombreux événements atroces qui s’y déroulent.

 

     Ces personnages hauts en couleurs prennent part à une narration digne d’un conte, comme de nombreuses critiques l’ont souligné (même si ce détail était déjà précisé sur la quatrième de couverture…). Un lieu imaginaire, un destin qui s’acharne sur ses victimes, l’exploration des facettes les plus noires de l’homme… le loup rôde pour manger la gamine. Mais peut-elle y échapper, même si elle le veut ? Sans doute. Car même si le dénouement n’est pas heureux, l’espoir est là, indéniablement.

 

Un coup de cœur à tous les points de vue. C’est un roman qui résonne, qui laisse une marque, qui donne à méditer, et qu’on a envie de faire partager. Tout y est !

 

Les avis enthousiastes de Liratouva, Cathulu et Cunéipage.

 

***

 

On lui aurait annoncé qu’il ne pourrait jamais coucher avec Vera Candida, mais qu’il aurait le droit de rester avec elle sa vie durant, Itxaga aurait signé immédiatement. Il se rendit compte que ce qu’il voulait faire le plus intensément du monde c’était lui rendre service. Il se dit, Je vieillis. Merde.

P196

 


 

Thèmes : conte / condition féminine / littérature française

Par Aurelie - Publié dans : Palpitations du coeur
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Mardi 22 septembre 2009
Par effraction
Hélène Frappat
Editions Allia, Paris, 2009




La narratrice (ou le narrateur) achète un jour une caisse de vidéos de famille dans une brocante. Elle les regarde et peu à peu se dessine l’histoire d’Aurore, jeune fille télépathe isolée par son don.


C’est avec beaucoup de difficultés que je m’apprête à écrire cette note. J’ai trouvé ce roman de la rentrée littéraire tout à fait par hasard grâce au seul article de presse dont il a bénéficié : celui de Télérama. Tout de suite, j’ai été séduite par la critique, et je sentais instinctivement que ce serait un roman pour moi.

Dans ce roman, il y a alternance de différentes couches narratives : un premier narrateur introduit le récit. Il parle de lui mais en parlant de vous : « vous avez acheté pour la somme totale de 40 euros un carton jauni portant la marque Franprix sur ses flancs. » C’est lui, c’est nous ? on ne sait plus très bien, et c’est ainsi que l’on se retrouve personnellement imbriqué dans cette reconstition romanesque onirique. Pourquoi onirique ? Car le lecteur plane dans le flou, le flou des images des vieilles bobines, le flou d’un récit divisé en courts chapitres, le flou de rêves qu’Aurore nous rapporte elle-même et qui nous laissent méditatifs.

Ce flou devient peu à peu une histoire qui fait sens, mais de manière personnelle, et si j’ose dire, secrète. Ce roman est une « bulle secrète », une petite perle que l’on a pas forcément envie d’exhiber, mais qu’on a plutôt envie de partager en tête-à-tête, comme une confidence. C’est un roman qui résonne en nous et qu’on a envie de relire aussitôt qu’on l’a fini...

Une critique un peu plus développée chez Lily et ses livres, et son pendant négatif (voyez comme je suis intègre!) chez la Confrérie des Libraires Extraordinaires.



Histoire familiale / Psychologie / Rêve
Par Aurelie - Publié dans : Romans Adulte
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Vendredi 31 juillet 2009

Sortilège
(Beastly)

Alex Flinn
Hachette Jeunesse, "Black Moon", 2009


New York, de nos jours. Kyle Kingsbury a tout pour être heureux : il est beau, riche, fils d'un présentateur télé célèbre, et est lui-même la coqueluche du lycée. Toute son existence repose sur son apparence physique qu'il sait parfaite. Il entre en conflit avec une jeune fille étrange nommée Kendra. Finalement, il propose de l'emmener au bal, tout en ayant en tête de l'humilier en lui posant un lapin pour y aller avec Sloane, la bombe sexuelle du lycée. La vengeance est terrible : Kendra est en fait une sorcière et lui lance un sort qui le transforme en monstre. C'est à sa beauté intérieure qu'il doit songer désormais.


On ne compte plus les romans traduits en français et publiés dans cette collection grâce à l'essor de la série Fascination. Destinés aux adolescents, ils ne sont pas tous d'une qualité égale. Cependant, Sortilège n'a rien à envier à un Stephenie Meyer. 

Il s'agit d'une reprise du conte "La Belle et la Bête", initialement écrit par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. Auparavant retravaillé de manières plus différentes les unes que les autres (enfantine et édulcorée avec Disney, érotique et sucrée avec les Morceaux choisis de La Belle et la Bête du Marquis de Carabas illustré par Nicole Claveloux), ce conte nous est maintenant adapté sous une version "adolescents du XXIe siècle". On entre dans l'intrigue comme dans une série américaine : le lycée, le super beau gosse, la mentalité physiquement élitiste et la "méchante" bien entendu incarnée par une jeune goth à l'esprit rebelle. Heureusement, par la suite, on creuse un peu plus loin. Même si le style d'Alex Flinn tient en haleine, ce n'est que lorsque le sort est jeté que l'intrigue devient réellement intéressante.

On retrouve tout au long du récit les principales étapes narratives du conte d'origine. Pour ceux (ou celles) qui comme moi, on vu et revu l'adaptation de Disney étant petite, certaines scènes remontent à la surface comme des flashes... ce qui n'est pas toujours agréable, mais il faut bien tenir compte de sa propre culture enfantine! L'ambiance du conte donne toute sa profondeur à l'histoire. Le jeu des apparences complique les relations entre les personnages.

On doit sans doute cette réussite au style d'Alex Flinn. C'est un style léger mais qui sait appuyer sur certains passages clés. On devine que c'est un style qui a dû être travaillé sur les romans qu'a écrit l'auteur précédemment, des romans aux thèmes beaucoup moins légers (notamment sur le Sida et les problèmes familiaux), qui n'ont d'ailleurs pas été traduits en français... Cela dit, comme Mme Flinn se lance dans cette veine de la réécriture (déjà publié en anglais, un nouveau "Belle au Bois Dormant", A Kiss in Time), on devrait peut-être voir plus de traductions. Par ailleurs, vous aurez deviné que Sortilège est déjà en cours d'adaptation cinématographique! Avec notamment Vanessa Hudgens, l'héroïne de High School Musical... Aïe, aïe, aïe...


Thèmes : Conte / Amour / Apparence physique / Réécriture

Par Aurelie - Publié dans : Romans Jeunesse
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Vendredi 31 juillet 2009

Deux pouces et demi

Thomas Lavachery

Bayard Jeunesse, "Millézime", 2009


XVIe siècle. Monsieur Denef est un peintre de grande renommée. A cause de son physique ingrat, il n'a pas de compagne, et par conséquent pas d'enfant, ce qui est son plus grand regret. Il décide de combler ce manque en apprenant l'alchimie dans le but de créer un homme miniature. Après quelques tentatives à demi ratées, il décide de demander de l'aide à un alchimiste connu, maître Spaziano. Ensemble, ils réussissent à donner vie à un homuncule nommé Gilles.



C'est avec grand plaisir qu'on entre dans ce roman très captivant, reprenant des thèmes qui fonctionnent toujours : l'alchimie, et la démiurgie, grand rêve de l'humanité.

Le récit débute de nos jours pour ensuite remonter aux origines, un procédé courant qui évite que le jeune lecteur ne soit perdu dans une époque inconnue, et qui de plus, tient beaucoup mieux en haleine. Le personnage de Gilles, très mystérieux et obscur, s'éclaircit au fur et à mesure de son histoire. Il contraste avec les "ombres", ces premiers essais d'homuncule, qui sont de petites silhouettes goguenardes, simplettes et innocentes.

On ne peut pas s'empêcher d'être fasciné par les scènes d'alchimie, à mi-chemin entre la rigoureuse science et la providence de la foi religieuse. Ici, les adolescents et les adultes trouveront leur compte. Ces scènes, et le thème de l'alchimie en général, renvoient, dans une certaine mesure, à l'actualité : le clonage, la procréation assistée... Elles ne sont pas sans nous rappeler certains plans de cinéma très connus, notamment le champs d'humains dans Matrix, ou même la renaissance de Voldemort dans Harry Potter (bon, je pousse peut-être le bouchon un peu loin... mais c'est vrai!).

Finalement, c'est un très agréable moment de lecture, où l'auteur porte le lecteur avec l'aisance du style fluide et flexible, s'adaptant aussi bien aux descriptions, qu'aux scènes plus mouvementées. A recommander aux amateurs de romans historiques !


Thèmes : Alchimie / Création / Démiurgie

Par Aurelie - Publié dans : Romans historiques jeunesse
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Samedi 27 juin 2009
Fleurs et couronnes
Ariane Chemin
Stock, 2009



Munie de son carnet de notes, Ariane Chemin se rend à six enterrements de personnalités culturelles ou politiques. Simple rubrique nécrologique? Pas vraiment. La journaliste accomplit des voyages dans les vies de ceux qui ont marqué une époque, et verse certains de ses sentiments dans ses courts récits.


Voici le roman que j'ai reçu grâce à l'opération "Masse Critique" de Babelio.

C'est un ouvrage assez ardu à décrire... Roman? Nouvelles? Biographies? Je laisse cette question de côté puisqu'elle n'aide pas à apprécier le contenu, ce contenu juste, et plein de sensibilité.

Le lecteur plonge, après une courte introduction, dans le récti de ces enterrements. Des êtres particulièrement chers à l'auteur, semble-t-il, une proximité spirituelle, le sentiment d'avoir quelque chose d'essentiel en commun. On traverse la littérature, le cinéma, la politique, tout un panel de domaines aussi variés les uns que les autres. Parfois, le style est si bien mesuré qu'il s'adapte aux courbes de ces domaines, donnant l'impression de décrire des prises de vue comme au cinéma par exemple, ou d'adopter un style formel proche du discours politique. Mais dans tout ces récits, c'est la sensibilité qui ressort le plus. Non pas le pathos dégoulinant qui pourrait être de circonstances aux enterrements, mais bien une juste sensibilité venant du plus profond de l'auteur.

Un point commun rassemble toutes ces personnalités. Ce point commun, on nous le laisse le deviner au fur et à mesure du récit. A travers la rappel de quelques grands faits, et d'amis célèbres, ce qui transparait le plus est sans doute le sentiment que ces morts-là méritaient quelque chose de plus. Des absences qui blessent, une sensation d'inachèvement. 

Ariane Chemin nous offre un roman inclassable mais très agréable et écrit de manière très juste.

La critique de Train de livres, qui a également reçu ce roman par Babelio!


Thèmes : mort / célébrité / culture / politique



Par Aurelie - Publié dans : Romans Adulte
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Lundi 22 juin 2009
Le rire de Stella
(Something Invisible)
Siobhan Parkinson
Ecole des Loisirs, "Neuf", 2009



Jake est une jeune garçon dont on suppose qu'il a entre 11 et 13 ans, et qui a pour but de devenir peintre de poissons. Il n'aime ni les filles, ni les bébés. Cependant, sa mère attend une petite soeur, et il va devenir l'ami de Stella, une jeune fille de son âge faisant partie d'une famille nombreuse. Leur amitié est mise à rude épreuve par un drame dont Jake se rend coupable.


Tout d'abord, je me permets de faire un tout petit aparté pour m'excuser de cette longue période sans poster... Que voulez-vous, un coup de mou, ça se contrôle pas trop!

Voilà un roman dans lequel on a un peu de mal à entrer, et pour cause. Le parti pris du style veut que le narrateur déroule l'histoire en montrant bien explicitement qu'il en connaît la fin. Le lecteur sent donc peser au-dessus des personnages une épée de Damoclès fort lourde. J'oserai même dire que le style employé se rapproche plus d'un style d'adulte qui rapporterait un souvenir d'enfance. J'ai trouvé que ce style posait un problème, même si l'histoire veut que le ton soit grave. En effet, le narrateur est extérieur mais adopte le point de vue de Jake. On imagine mal un enfant de cet âge voir le monde d'une manière si obscure.

Outre ce problème du style, c'est évidemment une histoire très poignante et émouvante. La tension est maintenue tout au long du roman et on est dans l'attente du drame imminent. Tout est signe, toutes les rencontres et les conseils donnés à Jake sont des moyens de l'aider à tirer des leçons d'un épisode quasi traumatisant. L'ensemble du roman est ainsi cohérent. L'événement dramatique est situé dans une période temporelle bien délimitée qui invite à penser qu'après l'avoir dépassée, il faut tourner la page et continuer d'avancer.

La critique de Blogamoi, qui n'a pas vu les choses du même oeil que moi!


Thèmes : deuil / culpabilité
Par Aurelie - Publié dans : Romans Jeunesse
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Vendredi 5 juin 2009
Apolline et le fantôme de l'école
(Ottoline Goes to School)

Chris Riddell
Milan jeunesse, 2009



Apolline se fait une nouvelle amie dans son voisinage, une petite fille du nom de Cécile Forbes-Laurence, troisième du nom. Apolline décide de la suivre à l'école Alice B. Dupont "pour aider chacun à découvrir son don spécial". Elle amène avec elle M. Munroe, son compagnon de la première heure. Ensemble, ils vont devoir résoudre le mystère du fantôme de l'école...


Voici une nouvelle aventure d'Apolline, la petite détective en herbe, après Apolline et le Chat Masqué, sorti en mai dernier. On suit la jeune fille au milieu des collections extrentriques de ses parents, éternels globe-trotters que l'on ne voit presque jamais. L'histoire est fraîche, amusante et légère, aussi satisfaisante que dans le premier tome!

Chris Riddell, qui écrit souvent à quatre mains avec Paul Stewart, nous offre cette fois-ci un roman illustré savoureux dont il est à la fois l'auteur et l'illustrateur. Et quel illustrateur! je ne me lasserai jamais d'observer ces dessins au trais fins, plein d'humour, fourmillant de détails et d'inventions insolites. On retrouve le fameux immeuble du Poivrier dans lequel vit Apolline, et on découvre l'école Alice B. Dupont, où se dissimulent tout un tas de fantômes...

Bref, un univers fouillé, abouti et unique, plein de créativité. Un pur bonheur pour les jeunes lecteurs qui en redemandent! J'apprécie tout particulièrement le fait d'offrir aux enfants un réel objet livre : relié, avec une couverture rigide et une superbe couverture aux motifs dorés. Quoi qu'on dise, c'est un plaisir de tenir un livre pareil entre ses mains!
A conseiller à tous les jeunes lecteurs, y compris les frileux.

Et pour preuve, j'en appelle au coup de coeur de la fille de Clarabel!
PS : moi, je suis une grande fan de M. Munroe, comme je l'étais du cousin Machin.


Thèmes : aventure / enquête
Par Aurelie - Publié dans : Polars jeunesse
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Jeudi 4 juin 2009
Attention! Coup de coeur : )


Vérité, vérité chérie

Valérie Zenatti
Audrey Poussier (ill)
Ecole des Loisirs, "Mouche", 2009



Camille est la petite louve la plus intelligente de l'école. Un jour, elle doit écrire une rédaction sur son grand-mère, mais elle ne le connaît pas. Devant les réponses vagues de sa mère, elle mène elle-même une enquête sur son aïeul.


Je crois bien que c'est la première fois que j'ai un coup de coeur pour une première lecture! Dans le cas présent, ça m'a l'air un peu inévitable : la qualité est bien au rendez-vous.

Le lecteur s'immisce dans la société des loups, société qui, de prime abord, semble être simplement un double de la nôtre où les animaux sont humanisés. Cependant, cette communauté rejoint l'univers du conte de manière très fine. L'auteur fait en effet référence à des éléments de contes très connus sans les citer, et nous relie principalement au Petit Chaperon Rouge... mais du point de vue des loups.
Les principales qualités de cette première lecture est qu'elle développe une histoire construite proprement, qui satisfait la curiosité, tout en restant très accessible aux plus jeunes lecteurs. L'intrigue y est développée correctement, l'action est dense, ainsi que la diversité des sentiments qui s'emparent de Camille. L'auteur conserve également souvent un ton de conteur, en insérant ici et là des vérités générales.

Enfin, Audrey Poussier nous régale avec de très belles illustrations en dégradés de gris/noir et une touche de rose, illustrations qui s'adaptent parfaitement au propos et au public visé.

Et sur Otium, c'est aussi un coup de coeur!


Thèmes : conte détourné / Petit Chaperon Rouge / loup
Par Aurelie - Publié dans : Palpitations du coeur
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Mercredi 3 juin 2009
Charlotte et le Croque-Mioche
Olivier Muller
Clothilde Perrin (ill)
Bayard Poche, "mes premiers j'aime lire"



Un monstre dévoreur d'enfants hante la forêt. Un jour, Charlotte s'y aventure, attirée par des bonbons que le monstre avait semé. Elle est capturée et doit répondre aux devinettes du Croque-Mioche.


Voilà une première lecture fort agréable, dont l'univers est très proche de celui du conte. On y retrouve des personnages typiques : l'ogre, l'enfant imprudent ; et le schéma classique des questions qui ont pour but de tester la victime (rappelez-vous... Oedipe-Roi... Sacré Graal!). Il y a une épreuve à passer : l'ogre ayant promis de ne plus manger d'enfants si l'un d'entre répondait correctement à trois devinettes. Au final, l'histoire est simple, amusante et bien écrite.

Le tout est agrémenté d'illustrations assez colorées qui apportent de la légèreté au récit. L'ogre est assez ridicule par certains aspects, mais garde tout de même une belle dégaine de méchant!


Thèmes : gourmandise / conte
Par Aurelie - Publié dans : Premières lectures
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